07 juillet 2007
1031.Solitude, société et autres choses superflues (2)
Et avec le temps tout passe, tout se casse. Je regarde souvent les éclats des années passés, répandus dans ma vie comme autant de petits cailloux, de ceux qui n'empêchent pas de marcher mais qui gênent dans les chaussures. J'avais écris une première version de ce long billet : je savais néanmoins qu'il y aurait des commentaires, que je devrai m'en nourrir et que bien entendu mon texte changerait. "Si l'amour sert à quelque chose, il sert à gagner du temps" nous dit Angeline. Elle a raison. Une des plus grandes interrogations de l'être humain concerne le sens de la vie. Je ne sais toujours quel est ce sens. Je suis là, je fais ou je ne fais pas, je pense ou je ne pense pas. Mais pourquoi ? Brel disait souvent que l'on se posait des problèmes d'immortels alors que l'on est mortels, ce qui change tout. Oui, tout cela a une fin, du moins terrestre. Toute notre existence n'est guidée que par un seul mot : éphèmère. Il faut bien le garder à l'esprit, toujours. Sur beaucoup de choses j'ai lâché la bride, je me suis concentré sur l'essentiel, sur ce qui compte à mes yeux dans le peu de temps qui reste. En ce moment je suis très seul. Solitude subie ou voulue, les deux se confondent alternativement. Un peu comme dans ces rêves où l'on ne sait plus très bien ce qui se passe mais qui laissent un goût amer au réveil (d'ailleurs, s'est on vraiment réveillé ?). La mélancolie que je traîne avec moi n'est pas à la mode ; mes plongeons dans le passé n'interessent plus personne, mes yeux dans le vide effraient la bien pensance ; et je reprends ce mot de Sade : "le passé m'encourage, le présent m'électrise, je crains peu l'avenir."
(Photographie personnelle : La solitude, piazza Beaubourg, mai 2007)
