L'âge d'homme

et l'on continue à accepter l'inacceptable et à supporter l'inacceptable

12 septembre 2007

1066.Une africaine du bout du monde

la_lessive_au_fleuveEt je regarde tes photos comme si c’était moi qui les avais faites. Dehors la pluie de la capitale frappe les trottoirs, le vent souffle, les feuilles tombent des arbres ; ici à l’intérieur mon cœur se serre et je n’y peux rien. Tu es au bout d’un monde. Je suis dans la fin du mien. Entre toi et moi des lignes téléphoniques, des zéros et des un, des milliers de kilomètres. Je ne sais rien de ta vie, tu ne sais rien de la mienne ; nous ne saurons jamais rien l’un de l’autre. Mais il paraît qu’il ne faut jamais dire jamais… Et j’ai fait un rêve cette nuit. Et mon songe m’a poussé vers toi. L’obscurité n’était pas la même quand j’ai rouvert les yeux. Ton parfum que j’imagine, ton corps entouré de fleurs, de couleurs ; la saveur de ta peau, ton sourire que je regarde si souvent. Tu es mon africaine secrète. Celle qui est toutes les autres. Il y a quelque chose d’ultime quand mes yeux défilent tes images. Images de toi. Comme des bons points que l’on accorde à l’école, des petits cadeaux si simples que tu m’offres sans le savoir. La vie est bizarre. Virtualité de la réalité, réalité virtuelle. Tu as réveillé mes envies de départs, mes nostalgies et toutes mes mélancolies se concentrent dans ton prénom : Julie. Mes pas résonnent dans les rues du sixième arrondissement. Je vais toujours me perdre dans le sixième arrondissement quand je veux essayer de noyer ce que je n’arrive pas à oublier. Mais cette année là rien n’a marché. Et puis je n’ai pas envie d’oublier. Ce bout du monde je le veux ; et à dire vrai je ne peux faire autrement : cet horizon ultime est en moi, il l’a toujours été. Un jeu imbécile de cache-cache a retardé sans cesse mes valises, les aléas d’une vie qui se cherche.

PS : Je crois avoir répondu à chacune et à chacun d'entre vous en privé, à vous qui m'avez témoigné votre affection lors de la mort de mon père, je voudrai ici vous remercier chaleureusement et publiquement cette fois. Vos présences me sont précieuses.

Posté par Olivier O à 00:45 - Afrique/Antilles - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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