L'âge d'homme

et l'on continue à accepter l'inacceptable et à supporter l'inacceptable

30 septembre 2007

1078bis.Je suis allé pour vous, déjà

Merci de vos souhaits sur le billet précédent : je prendrai mon appareil et j'irai capturer les images que vous m'avez demandé ; il n'est d'ailleurs pas trop tard pour ajouter ou modifier vos désirs... En attendant, il se trouve que j'étais hier soir convié à un anniversaire dans Paris, du côté du Pont Neuf : j'en ai profité pour vous ramener une image de la capitale un soir d'automne.
La_Seine_vue_du_pont_Neuf__Paris__septembre_07

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29 septembre 2007

1078.J'irai pour vous

accueil_parisJe me dis (parfois) que j'ai la chance d'habiter Paris. Je le paie cher mais... Mais vous savez que je fais des photos. Vous qui n'êtes pas dans la capitale française, je vous propose de me dire ce que vous voulez en voir et je me ferai un doux plaisir d'aller l'immortaliser, de vous l'envoyer directement par mail. Tour Eiffel, Rue ceci ou cela, monument machin ou truc, facade bidule ou bouche de métro machin-chose.... je peux tout photographier, même les choses les plus insolites ou inattendues que vous pourrez me demander.

J'irai pour vous parcourir la capitale avec un air de jazz dans la tête, j'emporterai un bout de chacun de vous avec moi, un livre et mon paquet de cigarettes. J'essaierai de faire les plus belles photos que je n'ai jamais faites.

Et comme ca vous poserez vos pas dans les miens.

Alors dites moi.

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28 septembre 2007

1077.Tomber sept fois, se relever huit

Quand_on_ouvre_nos_mains__Aissatou__S_n_gal_L'été qui a passé, l'automne devant nous. Les jours de pluie, le vent qui souffle. La nuit qui va tomber plus vite. Les aiguilles qui penchent. Ces certitudes qui nous font plus mal encore quand on ne se les avoue pas. Nos vies qui se croisent sans se rencontrer. Et tout ce qui nous fait veiller tard. L'autre nuit j'ai rêvé de mon père, il était vivant. Mais il est mort depuis un peu plus d'un mois maintenant. Mon chagrin ressort peu à peu, les images ne s'effacent pas, le manque creuse son oeuvre et je ne me vois parfois plus à travers les gouttes qui tombent. Les minutes me semble des heures. Le vent me rabat les cheveux sur le visage dans ces rues de Paris froides, grises ; je remonte mon col. Il pleut. On a toutes et tous des fonds de tiroirs dans notre mémoire aux travers desquels la vie que nous vivons est déformée. Toutes ces images en nous, ces envies de joie, d'amour et de chaleur qui ne peuvent pas sortir, et nos actes, nos mots qui les contredisent. Parce que l'on a tant besoin que l'on ait besoin de nous. Parce que la seule chose qui compte c'est aimer et être aimé, pour de vrai. Et sans doute le plus important est d'aimer. Certains jours j'ai envie de parler à tout le monde dans le métro, pour le simple plaisir de parler, de me sentir humain ; de ne pas penser à un avenir mais de vivre le présent du plus fort que je peux. Etrange temps où quand on s'approche des autres ils trouvent ca anormal, où l'époque est tellement viciée par endroits qu'être tout simplement humain devient suspect, étrange ; où tout suscite interrrogations comme si tout n'était qu'intérêt, marchandise ou monnayable. Epoque où je ne me sens pas à ma place, époque d'individualisme, de repli, de fermeture aux autres.

Une amie me disait par écrit hier "qu'elle ferait mieux de se taire". Ne devrai je pas faire comme elle ?

(Parmi les photos que je fais, certaines font battre mon coeur plus fort. Celle ci en fait partie. Astou, Sénégal, décembre 2006)

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1076bis.Private joke

jpg_transylvania2Une gare. Les rails. La brume d'un matin ou d'un soir. Le ciel clair de la provence quand je montais dans ce train en gare d'Avignon.
Un jour je redescendrai de ce train.

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26 septembre 2007

1076.Et pourquoi pas ?

MAINSJ'écris. Vous lisez. Je vous lis. Vous écrivez. On se connaît un peu tout de même. Je suis à Paris, vous y êtes peut être aussi ou vous n'y êtes pas.. Pour certaines et certains d'entre vous nous échangeons des mails en privé. Mais... sortons de derrière notre clavier, de nos touches et retrouvons nous en vrai, devant un café et/ou une bonne assiette de quelque nourriture. Faisons le choix de la chaleur humaine, osons franchir les pas qui nous séparent. Le monde est vaste, l'individualisme forcené malgré les beaux discours : passons le mur invisible qui se dresse entre nous. Ouvrons nous les uns les autres. Je suis donc disponible pour celles et ceux qui voudront que l'on se rencontre, que nous nous parlions en vrai quelque part, ici ou ailleurs. Le lieu n'a pas d'importance : seule compte l'envie.

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1075.Meditation

"J'écris pour qu'il fasse peur en moi. J'invente un poste de peur en ce vaste monde qui fout le camp. A ceux qui cherchent un auteur engagé, je propose un homme engageant."

(Sony Labou Tansi, écrivain congolais)

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25 septembre 2007

1074.L'éveil

PHOTOGRAPHIES_EN_COURS_032Je vous en avais parlé il y a quelques jours en vous écrivant que je m'y rendrai. La photo du billet 1072bis a été prise à cette occasion. Voilà qui est fait : je suis donc allé voir ce que la cité des sciences et de l'industrie à la Villette nous avait concocté dans cette exposition ayant ce titre qui m'avait tout de suite accroché "Quand l'Afrique s'éveillera". On parle beaucoup du réveil de la Chine, éventuellement de celui de l'Inde mais je suis persuadé que c'est de l'Afrique que l'on a le plus à attendre. Disons le d'emblée : la chose est fort décevante au niveau formel. En effet, il s'agit plus d'un étalage de tableaux à lire avec des renvois où il faut s'y reprendre à deux fois pour voir, des cartes certes intéressantes mais assez confuses et un espace réduit où tout ca semble entassé. On a l'impression que l'on a affiché le dossier papier, par ailleurs très bien fait et que j'ai en ma possession, aux murs avec quelques effets de lumières et quelques sculptures en plus... Reste que j'ai pu apprendre des choses que je ne savais pas grâce à un quizz sur ordinateur des plus instructifs. Alors plutôt que vous noyer sous des informations et des chiffres, je préfère vous parler de deux aspects : l'un que je connaissais, l'autre non. Tout d'abord les célèbres proverbes africains dont je crois tout le monde a entendu parler. Plus que des galéjades ils sont le reflet profond de cette culture orale, ils nous en apprennent bien plus que des discours verbeux ou des démonstrations alambiquées. J'en ai noté quelques uns à votre intention : Si tu ne sais pas où tu vas, souviens toi d'où tu viens - L'ombre du pygmée est plus grande au soleil couchant - L'herbe ne pousse pas où tout le monde passe. Ensuite j'ai appris l'existence d'une algue qui répond au doux nom de spiruline. Une algue que l'on trouve dans les eaux tropicales peu profondes et salées, comme au Tchad par exemple, mais qui peut être aussi cultivée comme on le fait au Burkina Faso ou au Mali. Riche en protéines, vitamines et minéraux elle pourrait résoudre les problèmes de dénutrition des jeunes enfants. Acceptons en l'augure. Mais comme le disent les spécialistes un complément alimentaire tel que la spiruline ne peut résoudre à lui tout seul tous les problèmes alimentaires : conclusion il ne faut pas laisser tomber toutes les autres pistes.

Je rappelle le lien sur le dossier de la Villette.

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24 septembre 2007

1073.(Chut)

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23 septembre 2007

1072bis.La vie des gens

Un_couple__Paris__Parc_de_la_Villette__septembre_2007_

J'étais à la Villette ce samedi 22 septembre pour une chose dont je vous parlerai dans la semaine. Il faisait beau sur la capitale, le vent était léger et le soleil relativement chaud. L'herbe verte semblait tendre, fraiche, accueillante. Je me suis allongé pour rêver, lire, photographier, fumer. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas il y a autour de la cité des sciences et de la géode un grand parc ouvert avec au milieu le canal de l'Ourcq (qui prend le nom de Saint Martin un peu plus loin dans Paris) ; c'est un lieu agréable de verdure, avec des péniches qui passent de temps à autre et qui repose de l'agitation de la capitale même si l'on voit au loin le périphérique entre les arbres dont les feuilles bruissent. Il y avait des parents, des enfants. Des cyclistes, des joggeuses et des joggeurs. Des chiens, des rolleuses et des rolleurs. Des blancs, des noirs. Des grands et des petits. Des solitaires et des couples. Comme celui qui figure sur la photographie. Cet après midi là j'avais envie de faire des photos et j'en ai fait. Quelques unes. J'ai shooté plusieurs couples, en tout cas ceux qui m'inspiraient quelque chose. Je n'ai gardé que ce cliché. La jeune fille fait un geste qui me plait et que je trouve empreint d'une douceur, la position de sa tête comme celle de son compagnon dégage pour moi une impression de nostalgie ; tout comme la position du corps du jeune homme légèrement en avant. Elle est un petit plus petite que lui. Et puis, il est noir, elle est blanche....  De cette mixité se dégageait une grande tendresse quand ils sont passés devant moi.

Ils sont passés. Image d'archive d'un temps qui n'est déjà plus. Je les ai photographiés comme je leur aurai parlé.

(D'autres clichés personnels ICI en attendant mon site photographique personnel en construction)

Posté par Olivier O à 00:01 - Une photo de temps à autre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 septembre 2007

1072.L'ordinaire

Le_pigeon__M_tro_Gare_du_nord__Paris__Aout_2007_Dans le métro, l'autre jour, je regardai les Parisiens, dont je fais partie. Nous vivons dans un monde qui n'a jamais eu autant de moyens de communication à sa disposition, de l'internet au téléphone en passant par je ne sais quoi. Jamais le monde n'a été finalement aussi petit avec les avions, les trains qui bientôt dépasseront le mur du son, les bateaux. Quelque chose qui arrive à l'autre bout de la planète est connu aux antipodes en moins d'une minute. On peut correspondre avec quelqu'un qui habite à des milliers de kilomètres... et pourtant. Et pourtant on ne parle plus à son voisin. Je faisais l'autre matin l'inventaire de mes compagnons de voyage : beaucoup le nez dans leurs journaux (malheureusement la plupart gratuits), d'autres les oreilles bouchées par un casque relié à un petit appareil et complètement hermétiques à ce qui peut se passer autour ; certains rivés à leur téléphone portable tapotant fièvreusement les touches comme si leur vie en dépendait. Finalement ceux qui somnolent sont les plus réceptifs à leur environnement.... Peu se parlent. Les regards se croisent et se décroisent avec en fond sonore le roulis du métro. Moi j'avais envie de parler à ma voisine, de lui parler de n'importe quoi, de lui dire qu'elle me plaisait avec ses tennis blanches, sa queue de cheval et son grain de beauté sur la lèvre supérieure, à droite. Lui dire que j'avais envie de lui écrire un poème ou de lui offrir des fleurs. De lui raconter ma vie et qu'elle me raconte la sienne. De la faire rire pour que chaque éclat me réchauffe le mauvais temps revenu. Tout ca juste pour le plaisir, sans penser au lendemain. Mais elle se fourre elle aussi des écouteurs dans les oreilles. A la station Opéra le flux monte et descend, se croise sans un mot. Maintenant j'ai à côté de moi deux hommes cravatés et sentant trop la crème de soin pour la peau ; ils parlent de Sarkozy (comme si on ne le voyait pas déjà trop, on en parle !) puis enchainent sur les cours de la bourse... Passionnant. Je sors de mes pensées au milieu de la rue de la Convention, il y a un léger vent frais, du genre de ceux que j'aime ; je déboutonne un peu plus ma chemise je veux le sentir me passer sur la peau, j'allume une cigarette, une femme à l'arrêt de bus me sourit.
Un jour de plus commence à Paris.

(Photo personnelle :
le pigeon, sur une des bouches de métro de la Gare du Nord, Paris, aout 2007)

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