L'âge d'homme

et l'on continue à accepter l'inacceptable et à supporter l'inacceptable

16 novembre 2007

1096.Où en est on ?

9782750903176Voilà quelques jours que j'ai atteint les quarante et un ans, genre de non évènement auquel au fond de moi je n'attache guère d'importance mais qui me permettra de saoûler mon entourage proche sur le fait que je vieillis... J'ai souvent l'impression qu'il me faudrait plus d'une vie tellement mes curiosités m'emportent parfois (en fait souvent) très loin, que je m'aperçois à mon âge avancé (sic) que je suis passé à côté de choses que je trouve essentielles et que je ne découvre que maintenant. Tel est le cas de ce petit texte du philosophe Emmanuel Mounier que, à ma grande honte, je ne connaissais pas jusqu'à il y a quelques semaines. Un livre que j'ai trouvé par hasard en en cherchant un autre, ce qui m'arrive frequemment, dans les rayons "littérature africaine" de ma librairie favorite de Belleville.  Texte rafraîchissant, on ne peut plus d'actualité sur les relations entre les humains, singulièrement entre Noirs et Blancs, sur le racisme ordinaire. Paru en1948, le manuscrit de Mounier analyse avec un discernement inhabituel pour l'époque (même si un Michel Leiris avait amorcé la pompe un peu avant avec "l'Afrique fantôme")  l'inquiétude d'une Afrique qui ne saurait concilier richesses ancestrales et modernité, dénoncant cette élite qui serait tentée de "n'être ni vraiment africaine, ni vraiment européenne". Le bouquin de Mounier apparait ainsi comme le premier grand texte anticolonialiste publié en France. Il donne aussi des clés importantes par rapport aux débats d'aujourd'hui : pas de diabolisation de l'ère coloniale, pas de nostalgie de celle ci non plus mais au contraire une réelle écoute de l'autre, avec une grande profondeur et une rare beauté.  Signalons au passage que Mounier est un des créateurs d'une célèbre revue, "Esprit", qui perdure de nos jours et dont les textes sont toujours vifs, remuants, piquants et réveilleurs de conscience.

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29 octobre 2007

1093.Les mondes qui se rencontrent

senegal_20kidsAinsi va la vie des Hommes. Le show de notre Président continue sans relâche, le spectacle est permanent ; tellement écoeurant que les mots manquent devant tant de gesticulations. Il est des temps où toute opposition est inaudible, nous vivons un de ces temps. Une gauche décomposée, incapable de construire quoique ce soit ou même de proposer quelque chose de fédérateur, bouffée qu'elle est par les luttes intestines qui finiront par la tuer. Alors moi même si je garde un oeil, et même les deux, sur toutes ces mascarades et que je continue à lutter (comment ne pas lutter, comment se laisser faire ?) je prends un peu de recul, je m'aère l'esprit, le coeur et le corps. Pour une des premières fois depuis très longtemps je pense pour quelques jours à moi. Sous la pluie parisienne je vis des heures qui ne sont pas ordinaires, de ces heures qui changent une vie si on sait les saisir. Un de mes rêves vient de se réaliser, je n'y crois pas encore et j'ai peine à en parler tant tout cela m'est personnel, tant tout cela n'a de signification que pour moi, tant je ne peux expliquer ce que cela représente pour moi : je viens de rentrer dans une famille africaine, accueilli comme un des leurs. Une maman, un papa. Quatre frères, quatre soeurs dont une avec laquelle on s'est choisis. Le plat de poulet Yassa qu'on mange tous ensemble, le thé à la menthe, le wolof et le peul. Les peaux noires. Le bruit, les rires, toute l'Afrique. Le Sénégal. Ces sonorités si douces à mon oreille. Ces couleurs, ces boubous, ces facons de vivre. Une journée magique. Il est toujours étrange de vivre un de ses rêves, on ne sait pas ce qui est réel, on ne sait pas trouver le vocabulaire ; se pincer ne sert à rien alors on se laisse porter. On laisse les minutes et  les heures passer, on traverse la nuit et le lendemain matin on se réveille en constatant que tout est bien réel, un coup de fil vous le prouve, des voix venues de ce rêve vous parlent à l'oreille.

Qu'est ce qui m'arrive ?

(Photo : jeunes filles sénégalaises, DR)

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16 octobre 2007

1090.Dormir avec une femme

Il y a si longtemps. Un corps dans mon lit. A côté du mien, entité lourde, endolorie ;  habituée aux solitudes des jours qui passent plus ou moins dans la raison, des matins un peu frais aux soirs qui tombent et où je me sens revivre. Un corps à coté du mien. Un corps de femme. Noir d'ébène avec un visage qui me sourit. Des mains douces aux doigts fins qui s'entrelacent avec mes membres hésitants, mes gestes remplis de frissons, mon cerveau méfiant. Mon nez, mes joues, mon front qui ne sont plus habitués à recevoir la tendre caresse d'autrui. Le corps d'une femme à la taille cerclée d'une chainette que la femme africaine réserve à l'homme qui la voit nue. Ses yeux qui regardent les miens si intensément que j'en suis gêné, ce corps qui se blottit contre le mien ; cette peau noire qui se mélange avec la mienne, image belle à en mourir. La nuit lente se déroule. Ni elle ni moi n'envisage que les minutes puissent passer si vite. Il y a si longtemps.

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26 septembre 2007

1075.Meditation

"J'écris pour qu'il fasse peur en moi. J'invente un poste de peur en ce vaste monde qui fout le camp. A ceux qui cherchent un auteur engagé, je propose un homme engageant."

(Sony Labou Tansi, écrivain congolais)

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25 septembre 2007

1074.L'éveil

PHOTOGRAPHIES_EN_COURS_032Je vous en avais parlé il y a quelques jours en vous écrivant que je m'y rendrai. La photo du billet 1072bis a été prise à cette occasion. Voilà qui est fait : je suis donc allé voir ce que la cité des sciences et de l'industrie à la Villette nous avait concocté dans cette exposition ayant ce titre qui m'avait tout de suite accroché "Quand l'Afrique s'éveillera". On parle beaucoup du réveil de la Chine, éventuellement de celui de l'Inde mais je suis persuadé que c'est de l'Afrique que l'on a le plus à attendre. Disons le d'emblée : la chose est fort décevante au niveau formel. En effet, il s'agit plus d'un étalage de tableaux à lire avec des renvois où il faut s'y reprendre à deux fois pour voir, des cartes certes intéressantes mais assez confuses et un espace réduit où tout ca semble entassé. On a l'impression que l'on a affiché le dossier papier, par ailleurs très bien fait et que j'ai en ma possession, aux murs avec quelques effets de lumières et quelques sculptures en plus... Reste que j'ai pu apprendre des choses que je ne savais pas grâce à un quizz sur ordinateur des plus instructifs. Alors plutôt que vous noyer sous des informations et des chiffres, je préfère vous parler de deux aspects : l'un que je connaissais, l'autre non. Tout d'abord les célèbres proverbes africains dont je crois tout le monde a entendu parler. Plus que des galéjades ils sont le reflet profond de cette culture orale, ils nous en apprennent bien plus que des discours verbeux ou des démonstrations alambiquées. J'en ai noté quelques uns à votre intention : Si tu ne sais pas où tu vas, souviens toi d'où tu viens - L'ombre du pygmée est plus grande au soleil couchant - L'herbe ne pousse pas où tout le monde passe. Ensuite j'ai appris l'existence d'une algue qui répond au doux nom de spiruline. Une algue que l'on trouve dans les eaux tropicales peu profondes et salées, comme au Tchad par exemple, mais qui peut être aussi cultivée comme on le fait au Burkina Faso ou au Mali. Riche en protéines, vitamines et minéraux elle pourrait résoudre les problèmes de dénutrition des jeunes enfants. Acceptons en l'augure. Mais comme le disent les spécialistes un complément alimentaire tel que la spiruline ne peut résoudre à lui tout seul tous les problèmes alimentaires : conclusion il ne faut pas laisser tomber toutes les autres pistes.

Je rappelle le lien sur le dossier de la Villette.

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20 septembre 2007

1071.Ne pas oublier le Darfour

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13 septembre 2007

1067bis.Copinage

16029923 Vous êtes à Paris ou en région parisienne, vous y serez peut être si vous habitez la province ou l'étranger : faites un saut à la journée africaine du tourisme et de la gastronomie.
En plus des couleurs, des saveurs, des odeurs et de tout le reste vous aurez peut être l'occasion de me croiser....

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12 septembre 2007

1066.Une africaine du bout du monde

la_lessive_au_fleuveEt je regarde tes photos comme si c’était moi qui les avais faites. Dehors la pluie de la capitale frappe les trottoirs, le vent souffle, les feuilles tombent des arbres ; ici à l’intérieur mon cœur se serre et je n’y peux rien. Tu es au bout d’un monde. Je suis dans la fin du mien. Entre toi et moi des lignes téléphoniques, des zéros et des un, des milliers de kilomètres. Je ne sais rien de ta vie, tu ne sais rien de la mienne ; nous ne saurons jamais rien l’un de l’autre. Mais il paraît qu’il ne faut jamais dire jamais… Et j’ai fait un rêve cette nuit. Et mon songe m’a poussé vers toi. L’obscurité n’était pas la même quand j’ai rouvert les yeux. Ton parfum que j’imagine, ton corps entouré de fleurs, de couleurs ; la saveur de ta peau, ton sourire que je regarde si souvent. Tu es mon africaine secrète. Celle qui est toutes les autres. Il y a quelque chose d’ultime quand mes yeux défilent tes images. Images de toi. Comme des bons points que l’on accorde à l’école, des petits cadeaux si simples que tu m’offres sans le savoir. La vie est bizarre. Virtualité de la réalité, réalité virtuelle. Tu as réveillé mes envies de départs, mes nostalgies et toutes mes mélancolies se concentrent dans ton prénom : Julie. Mes pas résonnent dans les rues du sixième arrondissement. Je vais toujours me perdre dans le sixième arrondissement quand je veux essayer de noyer ce que je n’arrive pas à oublier. Mais cette année là rien n’a marché. Et puis je n’ai pas envie d’oublier. Ce bout du monde je le veux ; et à dire vrai je ne peux faire autrement : cet horizon ultime est en moi, il l’a toujours été. Un jeu imbécile de cache-cache a retardé sans cesse mes valises, les aléas d’une vie qui se cherche.

PS : Je crois avoir répondu à chacune et à chacun d'entre vous en privé, à vous qui m'avez témoigné votre affection lors de la mort de mon père, je voudrai ici vous remercier chaleureusement et publiquement cette fois. Vos présences me sont précieuses.

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09 septembre 2007

1064.Lire l'Afrique

359146_442756On parle beaucoup de la rentrée littéraire en ce moment. Je suis toujours éberlué par le nombre de livres qui sortent alors que l'on entend partout que plus personne ne lit... Mais tant mieux, au bout du compte. En matière de livres, je préfère le trop au pas assez. Et puis je vois aussi que certains bouquins font scandale, ce qui veut dire que le livre, les mots ont encore du pouvoir et ça c'est franchement réconfortant. Je lis beaucoup, ce n'est pas un scoop. Les bouquins font partie de manière obligatoire de mon environnement. Je lis tout. Sauf peut être la science fiction et le polar, qui je l'avoue ne sont pas ma tasse de thé. Je lis aussi, bien sur, l'Afrique. Des essais, des réflexions sur ceci ou cela, mais aussi de la pure littérature qu'elle soit faite par des Noirs ou des Blancs.  Ainsi Emmanuel Dongala, congolais. J'ai terminé "Jazz et vin de palme" délicieux recueil de nouvelles sur l'Afrique en général et le Congo post communiste en particulier. Une écriture pleine d'humour même s'il est parfois (sans jeu de mots...) noir, un style fluide et aérien qui se lit sans peine, petits textes tragi-comiques exquis pour l'esprit, vivifiant pour l'âme et qui sont une bonne porte d'entrée vers ce qu'est l'Afrique de nos jours ; qui en apprennent plus que n'importe quelle conférence ou colloque. Ainsi également Christian Dedet, médecin voyageur beaucoup moins médiatique que son homologue Jean Christophe Ruffin mais qui a sorti des bouquins  fantastiques sur l'Afrique et notamment "Au royaume d'Abomey" fascinant récit sur le Bénin, son histoire, sa culture hier et aujourd'hui. Là aussi on apprend plus que n'importe où ailleurs, l'auteur faisant preuve d'une connaissance étonnante de ce pays et de ses habitants, le tout avec une écriture qui coule naturellement ; sans compter que nous avons là le point de vue d'un "blanc" amoureux du continent ce qui n'est pas négligeable : il en parle passionnément.

(Photo : Emmanuel Dongala. Son livre est disponible en poche chez Babel ; celui de Dedet est chez Actes Sud)

Je souligne que jusqu'à début novembre à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris (la célèbre Villette) se tient une exposition qui me semble tout à fait intéressante au titre évocateur : "Quand l'Afrique s'éveillera". Je vais m'y rendre et donc vous en reparlerai. En attendant pour toutes celles et tous ceux qui ne sont pas à Paris, suivez le lien.... ICI.)

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08 août 2007

1054.Femme noire....

MourouardVoici un essai qui pourrait intéresser non pas seulement les universitaires, mais aussi le grand public : Les beautés noires de Baudelaire. Il est simple, clair, direct et sans fioritures. J’ai parfois ri - ce qui est un peu rare lorsqu’on parle d’essai -, et je ne vois personne rire en parcourant le dernier essai de Finkielkraut !

On connaissait de Charles Baudelaire les textes poétiques les plus émouvants comme L’Albatros, mais il fallait lire entre les lignes, avec une loupe et sans passion ni souci de masquer les choses pour voir comment ce grand poète français avait une attirance pour les beautés noires, j’allais dire les femmes noires...

Les femmes noires ? Il les a rencontrées lors de ses nombreux voyages dans les contrées chaudes. Et cette "attirance" ne s’était pas arrêtée au rêve poétique puisque Baudelaire aura eu dans son existence plus que mouvementée plusieurs maîtresses de couleur, et parfois en plein coeur de Paris comme avec Jeanne Duval. Il y a le silence autour, les pages de poemes faisant état de ces idylles sont souvent vite retournées. Et pourtant il ne s’en cachait pas, notre grand Baudelaire, au point de mettre en opposition la Noire et la Blanche, au détriment de cette dernière, considérée comme l’éternelle jalouse des attributs « naturels » de la Négresse. Voyons, cher Baudelaire, vous y allez un peu fort, non ? A ce train-là, je risque de penser que la Noire n’a rien à envier à la Blanche...

Jugez d’ailleurs ce poème dédié à cette Noire que Baudelaire appelle "La Malabaraise", et que Maurouard cite dans son livre :

Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche

Est large a faire envie à la plus belle blanche...

Du coup, Maurouard conclut à juste titre : « l’exagération des hanches est décrite comme un atout pour la Noire puisqu’elle fait envie à la plus belle Blanche".

Mieux, encore, Maurouard nous apprend que Charles Baudelaire n’est pas le seul à avoir été fasciné par la beauté des Noires... Vous voulez sans doute une liste ? Lisons tout simplement le livre. Oh, pour vous donner une petite entrée avant le plat de résistance - servez-vous, je vous en prie -, on peut citer deux grands écrivains : Victor Hugo et Théophile Gautier. Victor Hugo va jusqu’à écrire ceci dans son recueil Les Orientales :

Dis, crains-tu les filles de Grèce ?

Les lys pâles de Damanhour ?

Ou l’œil ardent de la négresse21038_57V14HVWWX7YYDKMCMUJA14D5KDNMC_braidjohnlangfords_H051716_L

Qui comme une tigresse

Bondit rugissante d’amour ?

Et Théophile Gauthier à son tour lance ce qui suit, concernant la belle "exotique" :

Les femmes disent qu’elle est laide

Mais tous les hommes en sont fous :

Et l’archevêque de Tolède

Chante la messe à ses genoux...

La plus célèbre des maîtresses noires de Baudelaire sera Jeanne Duval, une Haïtienne - comme Elvire Maurouard, est-ce un hasard ?

En réalité, ce livre, loin d’être vite rangé sous la rubrique « afrocentriste » ou "militante", se revèle comme une réhabilitation de la femme noire, non pas celle idéalisée par Léopold Sédar Senghor que Maurouard d’ailleurs attaque de front dans une interview parue sur le site grioo.com :

baudelaire

« Dans mon livre, il y a une distance que j’ai volontairement prise pour évoquer des choses dont on ne parle pas. Mon lecteur doit aller à la découverte des « autres » femmes noires. A travers l’œuvre de Baudelaire, je veux faire découvrir une sensualité qui n’a rien de répréhensible, d’érotique. La femme noire et les Noirs, doivent intégrer l’universalité, faire partie des mythes du patrimoine culturel français. Nous devons, il faut, sortir de Senghor... il était important pour moi d’effectuer un travail « scientifique » pour pouvoir exprimer des choses vraies, mais qui ne sont jamais abordées. Au cours de mes 10 années d’études littéraires, je n’ai jamais entendu parler des femmes noires et des Noirs en général de cette façon. »

Sortons donc de ce Senghor et son célèbre « Femme noire, femme nue » qui, pour beaucoup de critiques pointilleux, demeure l’illustration même d’un certain exotisme attribué à la femme noire et qui correspondait à une certaine époque...

Lire Elvire Maurouard, c’est lire l’une des voix les plus originales des essayistes de ce moment. Elle est par ailleurs journaliste, poétesse, et j’ai eu le plaisir d’écouter dire ses poèmes dans un restaurant parisien, Le Paris-Dakar, il y a deux mois. La présentation qu’elle faisait de son livre Les Beautés noires de Baudelaire était magistrale. Cette jeune universitaire connait en effet les textes par coeur, les siens... et ceux de Baudelaire !!!

A lire absolument !...

(Photographies : Elvire Maurouard -  Anonyme de John Langford -Charles Baudelaire. Merci à Alain Mabanckou)

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