26 octobre 2007
1092.Heures ordinaires
Un matin qui se lève, le petit jour qui pointe, le ciel gris ou blanc. Son corps contre le mien, blanc et noir mêlé dans la chaleur humaine d'une fin de nuit. L'odeur du chocolat, celle d'un thé aux agrumes. Le bruit de la douche qui coule. Son visage endormi, son sourire. Le parfum de sa peau. Le baiser qu'elle m'envoie tandis que je ferme la porte pour aller rejoindre le trafic du métro parisien. Mes pas sur le trottoir, un coup d'oeil à la Tour Eiffel dans l'alignement de la rue de Belleville. Ma tête remplie d'Elle. De tout le reste. Le bruit de la capitale, cette femme qui s'asseoit à côté de moi, celle qui lit en face et ces jeunes qui parlent de leurs interrogations écrites du matin qui vient. La foule dans la correspondance à la station République, le flux des êtres humains vers la ligne 8 direction Balard. Le journal que j'achète au kiosque, les odeurs de croissant dans les couloirs, mes rêves et mes songes au milieu de la foule. Station Ecole Militaire. Je somnole un peu. J'ai froid, j'ai mal au cou. Station Boucicaut : je sors, je marche dans la rue de la Convention. Je m'allume une cigarette. Mes yeux croisent ceux de dizaine de visages. Rue de la Croix Nivert, rue Lecourbe. Le ciel de Paris est gris, humide. Je pense à elle. A mon fils. A ma mère. A mon père. Mégot écrasé dans le caniveau. La circulation dense. Les Vélib' qui passent. Le coeur de la capitale qui se remet à battre. Comme le mien.
Un matin ordinaire dans la ville lumière.
(Photographie d'Arnaud Frich)
15 octobre 2007
1089.Récapitulationnons....
J'ai mon petit carnet où j'ai barrré soigneusement ce que j'ai photographié. Alors ce sera la nature à Paris pour Libérienne, le parcours Giacometti dans le XIVe pour Mohamed, le Trocadéro du côté droit pour Alain, Spiruline voulait Montmartre, le père Lachaise plait à Nina, je suis allé au 106 rue des Amandiers pour Hadrienne et à Campo Formio pour Suzana, je me suis baladé aux Tuileries en pensant à Angeline, pris quelques portes pour Belotine et me suis énivré des parfums de la boutique Izrael dans le Marais pour Michèle et ce que je considère comme romantique dans la capitale pour Noir Intense. Je pense n'avoir oublié personne. Tempérance n'aura pas une bête photo de la fenêtre de sa chambre d'hôtel en souvenir d'une rencontre ratée ; je suis allée pour elle lui capturer bien mieux. Les premières photos vont arriver à partir de demain dans vos boîtes, je les accompagne d'un mot pour chacun de vous. Et je voulais que vous sachiez encore combien ca m'a fait plaisir d'aller parcourir Paris pour vous.
(Paris, Pont Neuf, rive droite, "La Samaritaine" - photo personnelle)
11 octobre 2007
1087.Avec vous
Elles sont presque toutes là. Bousculade dans mon appareil. Je vais en arranger quelques unes. Elles sont toutes pour vous. Quelques unes manquent encore mais... ce week end je les aurai capturées. Elles, ce sont les photographies que je suis allé faire pour vous. Encore un peu de patience, je sais, le temps semble long. Mais je dois zigzaguer entre diverses choses, dont certaines ne sont pas réjouissantes ; c'est la vie. Merci de votre indulgence. De votre compréhension. Mon existence ressemble en ce moment à une voiture qui serait lancée à pleine vitesse.
En attendant, je vous offre un petit texte presque sans importance écrit dans mon adolescence...
De
ce temps là je vois le chemin qui poudroie au soleil Sous la chaleur accablante
de juillet au milieu des pins
Nos
pas l’un dans l’autre relayés par nos mains serrées Le ciel n’avait peut être
jamais été aussi bleu que ces après midi là
Tu
avais ce petit short blanc mêlé de rose et pas de culotte Sous un tricot bleu
je devinai tes seins
D’un
coup d’œil nos regards se mêlaient et on arrivait à tout oublier L’air devenait
bouillant Nous faisions l’amour dans les bois Ta peau était douce La caresse de
l’été fondait sur nous Cet unique été
De
ce temps là je ne me rappelle plus bien Le souvenir de toi est une ligne en
pointillés Un gigantesque puzzle où il manque des pièces Où je perds patience
Où mes mains tremblent
Bien
des années plus tard à Paris le soleil est encore là Dans le métro rien ne
poudroie mais la chaleur est encore accablante Je ne te cherche plus Jamais je n’ai plus entendu ta voix
Je
ne suis plus embrumé de toi Tu n’es plus ce léger voile qui me venait parfois
sur les yeux
L’infime
latence de ma vie
Longtemps
je me suis senti coupable de toi Et puis un matin je t’ai intégrée
Ingérée
Digérée
Comme
une narine qui se débouche Tu es entrée dans mon existence Comme une fièvre.
Et
c’est là que j’ai su.
06 octobre 2007
1084.La capitale
Il y a quelques jours vous m'avez passé commande de vos photographies de la capitale : j'ai commencé à arpenter les rues de la ville pour aller cueillir ce que vous m'avez demandé. Encore un peu de patience, tout arrivera dans vos boites mails bientôt... En attendant un premier cliché, Paris (une partie du moins) vu du Parc de Belleville, près de Ménilmontant, cliché pris le 6 octobre. En agrandissant la photo vous verrez à gauche la tour Montparnasse, au milieu Beaubourg et ses tubes et bien sur à droite la tour Eiffel. Je vous laisse décortiquer le reste....
30 septembre 2007
1078bis.Je suis allé pour vous, déjà
Merci de vos souhaits sur le billet précédent : je prendrai mon
appareil et j'irai capturer les images que vous m'avez demandé ; il
n'est d'ailleurs pas trop tard pour ajouter ou modifier vos désirs...
En attendant, il se trouve que j'étais hier soir convié à un
anniversaire dans Paris, du côté du Pont Neuf : j'en ai profité pour
vous ramener une image de la capitale un soir d'automne.
29 septembre 2007
1078.J'irai pour vous
Je me dis (parfois) que j'ai la chance d'habiter Paris. Je le paie cher mais... Mais vous savez que je fais des photos. Vous qui n'êtes pas dans la capitale française, je vous propose de me dire ce que vous voulez en voir et je me ferai un doux plaisir d'aller l'immortaliser, de vous l'envoyer directement par mail. Tour Eiffel, Rue ceci ou cela, monument machin ou truc, facade bidule ou bouche de métro machin-chose.... je peux tout photographier, même les choses les plus insolites ou inattendues que vous pourrez me demander.
J'irai pour vous parcourir la capitale avec un air de jazz dans la tête, j'emporterai un bout de chacun de vous avec moi, un livre et mon paquet de cigarettes. J'essaierai de faire les plus belles photos que je n'ai jamais faites.
Et comme ca vous poserez vos pas dans les miens.
Alors dites moi.
22 septembre 2007
1072.L'ordinaire
Dans le métro, l'autre jour, je regardai les Parisiens, dont je fais partie. Nous vivons dans un monde qui n'a jamais eu autant de moyens de communication à sa disposition, de l'internet au téléphone en passant par je ne sais quoi. Jamais le monde n'a été finalement aussi petit avec les avions, les trains qui bientôt dépasseront le mur du son, les bateaux. Quelque chose qui arrive à l'autre bout de la planète est connu aux antipodes en moins d'une minute. On peut correspondre avec quelqu'un qui habite à des milliers de kilomètres... et pourtant. Et pourtant on ne parle plus à son voisin. Je faisais l'autre matin l'inventaire de mes compagnons de voyage : beaucoup le nez dans leurs journaux (malheureusement la plupart gratuits), d'autres les oreilles bouchées par un casque relié à un petit appareil et complètement hermétiques à ce qui peut se passer autour ; certains rivés à leur téléphone portable tapotant fièvreusement les touches comme si leur vie en dépendait. Finalement ceux qui somnolent sont les plus réceptifs à leur environnement.... Peu se parlent. Les regards se croisent et se décroisent avec en fond sonore le roulis du métro. Moi j'avais envie de parler à ma voisine, de lui parler de n'importe quoi, de lui dire qu'elle me plaisait avec ses tennis blanches, sa queue de cheval et son grain de beauté sur la lèvre supérieure, à droite. Lui dire que j'avais envie de lui écrire un poème ou de lui offrir des fleurs. De lui raconter ma vie et qu'elle me raconte la sienne. De la faire rire pour que chaque éclat me réchauffe le mauvais temps revenu. Tout ca juste pour le plaisir, sans penser au lendemain. Mais elle se fourre elle aussi des écouteurs dans les oreilles. A la station Opéra le flux monte et descend, se croise sans un mot. Maintenant j'ai à côté de moi deux hommes cravatés et sentant trop la crème de soin pour la peau ; ils parlent de Sarkozy (comme si on ne le voyait pas déjà trop, on en parle !) puis enchainent sur les cours de la bourse... Passionnant. Je sors de mes pensées au milieu de la rue de la Convention, il y a un léger vent frais, du genre de ceux que j'aime ; je déboutonne un peu plus ma chemise je veux le sentir me passer sur la peau, j'allume une cigarette, une femme à l'arrêt de bus me sourit.
Un jour de plus commence à Paris.
(Photo personnelle : le pigeon, sur une des bouches de métro de la Gare du Nord, Paris, aout 2007)
24 juillet 2007
1041.Paris en vacances.
Météorologiquement parlant, on ne peut pas dire que c'est l'été sur la capitale. Les températures sont fraîches, le ciel souvent encombré, le vent souffle, la pluie tombe. Mais la lumière est belle, "lumineuse" dirais je... Idéal pour faire des photos. A l'heure où j'écris ces lignes, comment va le monde ? La chaleur tue au sud de l'Europe tandis qu'au nord de celle ci c'est l'automne. Le tour de France est plus dopé que jamais et on fait comme si c'était le contraire. Des gens se suicident au boulot, étrangement ca n'émeut pas comme ca devrait : ce genre d'informations est relégué au fin fond des journaux ou presque. Sarko et sa petite troupe de cirque font ce que font tous les gouvernements qui profitent de cette période : ils font passer en douce des petites et des grandes choses et bien entendu ils y arrivent... On promet une rentrée agitée (cette promesse est faite chaque année), on promet tant de choses. C'est le creux de l'été, on est dans la tranche qui s'approche du 15 août ; autant dire que...
Mais à Paris, ca bouge. L'arrivée des vélos en libre-service : il faut que j'essaie la chose. Et puis on peut surfer dans certains lieux publics gratuitement. Ainsi j'ai essayé au parc des Buttes Chaumont... je n'y suis pas arrivé, mais je dois être un manche, je vais réessayer. Certains disent que ces petites choses sont des gadgets à Delanoé : et bien pour une fois je ne critiquerai pas. Je trouve que ce sont de bonnes initiatives, et peu importe que le maire soit à gauche.
Voilà un billet d'été : il n'a presque rien à dire....
Dernière minute. Comme j'ai de la suite dans les idées, je suis retourné aux Buttes Chaumont -c'est à 200 mètres de chez moi....- et miracle : la connexion a marché ! Mais internet à l'air libre dans Paris, ca ressemble à quoi ? J'ai réalisé une capture d'écran de la page d'accueil du bidule en question....
(Photo personnelle : le ciel de Paris, samedi et dimanche dernier)
17 juillet 2007
1037.Pédales.
C'est la révolution (au moins une....) à Paris en ce moment : l'arrivée massive de vélos en libre service. On en parlait depuis un moment, c'est fait. 750 stations dans la capitale pour le moment, la première demi-heure gratuite puis 1 euro la suivante, 2 euros pour entamer la deuxième heure... et puis après le coup de pédale devient plus cher puisqu'on passe directement à 4 euros. Mais enfin ne boudons pas notre plaisir : dès que j'aurai un peu d'argent, ce fameux flouze, cet indispensable blé, bref quelques thunes j'emprunterai de temps à autre ces bécanes, histoire de me dégourdir les jambes, de fuir un peu ce métro parisien certes pittoresque pour les touristes et que j'aime mais qui en ce moment me court sur le haricot. Pour nos amis de province et de l'étranger qui me font l'amitié de visiter ce modeste carnet, je suis allé prendre deux clichés, pas un de plus (ca ne mérite pas un album quand même...), de ces choses à deux roues que l'on voit maintenant presque à chaque coin de rue de la capitale.
Voilà un billet d'été, comme savent en faire les journaux ; un truc sympa qui prend pas la tête....


