26 septembre 2007
1076.Et pourquoi pas ?
J'écris. Vous lisez. Je vous lis. Vous écrivez. On se connaît un peu tout de même. Je suis à Paris, vous y êtes peut être aussi ou vous n'y êtes pas.. Pour certaines et certains d'entre vous nous échangeons des mails en privé. Mais... sortons de derrière notre clavier, de nos touches et retrouvons nous en vrai, devant un café et/ou une bonne assiette de quelque nourriture. Faisons le choix de la chaleur humaine, osons franchir les pas qui nous séparent. Le monde est vaste, l'individualisme forcené malgré les beaux discours : passons le mur invisible qui se dresse entre nous. Ouvrons nous les uns les autres. Je suis donc disponible pour celles et ceux qui voudront que l'on se rencontre, que nous nous parlions en vrai quelque part, ici ou ailleurs. Le lieu n'a pas d'importance : seule compte l'envie.
1075.Meditation
"J'écris pour qu'il fasse peur en moi. J'invente un poste de peur en ce vaste monde qui fout le camp. A ceux qui cherchent un auteur engagé, je propose un homme engageant."
(Sony Labou Tansi, écrivain congolais)
25 septembre 2007
1074.L'éveil
Je vous en avais parlé il y a quelques jours en vous écrivant que je m'y rendrai. La photo du billet 1072bis a été prise à cette occasion. Voilà qui est fait : je suis donc allé voir ce que la cité des sciences et de l'industrie à la Villette nous avait concocté dans cette exposition ayant ce titre qui m'avait tout de suite accroché "Quand l'Afrique s'éveillera". On parle beaucoup du réveil de la Chine, éventuellement de celui de l'Inde mais je suis persuadé que c'est de l'Afrique que l'on a le plus à attendre. Disons le d'emblée : la chose est fort décevante au niveau formel. En effet, il s'agit plus d'un étalage de tableaux à lire avec des renvois où il faut s'y reprendre à deux fois pour voir, des cartes certes intéressantes mais assez confuses et un espace réduit où tout ca semble entassé. On a l'impression que l'on a affiché le dossier papier, par ailleurs très bien fait et que j'ai en ma possession, aux murs avec quelques effets de lumières et quelques sculptures en plus... Reste que j'ai pu apprendre des choses que je ne savais pas grâce à un quizz sur ordinateur des plus instructifs. Alors plutôt que vous noyer sous des informations et des chiffres, je préfère vous parler de deux aspects : l'un que je connaissais, l'autre non. Tout d'abord les célèbres proverbes africains dont je crois tout le monde a entendu parler. Plus que des galéjades ils sont le reflet profond de cette culture orale, ils nous en apprennent bien plus que des discours verbeux ou des démonstrations alambiquées. J'en ai noté quelques uns à votre intention : Si tu ne sais pas où tu vas, souviens toi d'où tu viens - L'ombre du pygmée est plus grande au soleil couchant - L'herbe ne pousse pas où tout le monde passe. Ensuite j'ai appris l'existence d'une algue qui répond au doux nom de spiruline. Une algue que l'on trouve dans les eaux tropicales peu profondes et salées, comme au Tchad par exemple, mais qui peut être aussi cultivée comme on le fait au Burkina Faso ou au Mali. Riche en protéines, vitamines et minéraux elle pourrait résoudre les problèmes de dénutrition des jeunes enfants. Acceptons en l'augure. Mais comme le disent les spécialistes un complément alimentaire tel que la spiruline ne peut résoudre à lui tout seul tous les problèmes alimentaires : conclusion il ne faut pas laisser tomber toutes les autres pistes.
Je rappelle le lien sur le dossier de la Villette.
24 septembre 2007
1073.(Chut)
23 septembre 2007
1072bis.La vie des gens
J'étais à la Villette ce samedi 22 septembre pour une chose dont je vous parlerai dans la semaine. Il faisait beau sur la capitale, le vent était léger et le soleil relativement chaud. L'herbe verte semblait tendre, fraiche, accueillante. Je me suis allongé pour rêver, lire, photographier, fumer. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas il y a autour de la cité des sciences et de la géode un grand parc ouvert avec au milieu le canal de l'Ourcq (qui prend le nom de Saint Martin un peu plus loin dans Paris) ; c'est un lieu agréable de verdure, avec des péniches qui passent de temps à autre et qui repose de l'agitation de la capitale même si l'on voit au loin le périphérique entre les arbres dont les feuilles bruissent. Il y avait des parents, des enfants. Des cyclistes, des joggeuses et des joggeurs. Des chiens, des rolleuses et des rolleurs. Des blancs, des noirs. Des grands et des petits. Des solitaires et des couples. Comme celui qui figure sur la photographie. Cet après midi là j'avais envie de faire des photos et j'en ai fait. Quelques unes. J'ai shooté plusieurs couples, en tout cas ceux qui m'inspiraient quelque chose. Je n'ai gardé que ce cliché. La jeune fille fait un geste qui me plait et que je trouve empreint d'une douceur, la position de sa tête comme celle de son compagnon dégage pour moi une impression de nostalgie ; tout comme la position du corps du jeune homme légèrement en avant. Elle est un petit plus petite que lui. Et puis, il est noir, elle est blanche.... De cette mixité se dégageait une grande tendresse quand ils sont passés devant moi.
Ils sont passés. Image d'archive d'un temps qui n'est déjà plus. Je les ai photographiés comme je leur aurai parlé.
(D'autres clichés personnels ICI en attendant mon site photographique personnel en construction)
22 septembre 2007
1072.L'ordinaire
Dans le métro, l'autre jour, je regardai les Parisiens, dont je fais partie. Nous vivons dans un monde qui n'a jamais eu autant de moyens de communication à sa disposition, de l'internet au téléphone en passant par je ne sais quoi. Jamais le monde n'a été finalement aussi petit avec les avions, les trains qui bientôt dépasseront le mur du son, les bateaux. Quelque chose qui arrive à l'autre bout de la planète est connu aux antipodes en moins d'une minute. On peut correspondre avec quelqu'un qui habite à des milliers de kilomètres... et pourtant. Et pourtant on ne parle plus à son voisin. Je faisais l'autre matin l'inventaire de mes compagnons de voyage : beaucoup le nez dans leurs journaux (malheureusement la plupart gratuits), d'autres les oreilles bouchées par un casque relié à un petit appareil et complètement hermétiques à ce qui peut se passer autour ; certains rivés à leur téléphone portable tapotant fièvreusement les touches comme si leur vie en dépendait. Finalement ceux qui somnolent sont les plus réceptifs à leur environnement.... Peu se parlent. Les regards se croisent et se décroisent avec en fond sonore le roulis du métro. Moi j'avais envie de parler à ma voisine, de lui parler de n'importe quoi, de lui dire qu'elle me plaisait avec ses tennis blanches, sa queue de cheval et son grain de beauté sur la lèvre supérieure, à droite. Lui dire que j'avais envie de lui écrire un poème ou de lui offrir des fleurs. De lui raconter ma vie et qu'elle me raconte la sienne. De la faire rire pour que chaque éclat me réchauffe le mauvais temps revenu. Tout ca juste pour le plaisir, sans penser au lendemain. Mais elle se fourre elle aussi des écouteurs dans les oreilles. A la station Opéra le flux monte et descend, se croise sans un mot. Maintenant j'ai à côté de moi deux hommes cravatés et sentant trop la crème de soin pour la peau ; ils parlent de Sarkozy (comme si on ne le voyait pas déjà trop, on en parle !) puis enchainent sur les cours de la bourse... Passionnant. Je sors de mes pensées au milieu de la rue de la Convention, il y a un léger vent frais, du genre de ceux que j'aime ; je déboutonne un peu plus ma chemise je veux le sentir me passer sur la peau, j'allume une cigarette, une femme à l'arrêt de bus me sourit.
Un jour de plus commence à Paris.
(Photo personnelle : le pigeon, sur une des bouches de métro de la Gare du Nord, Paris, aout 2007)
20 septembre 2007
1071.Ne pas oublier le Darfour
19 septembre 2007
1070.Vous écrire en couleurs
Vos traces ont été nombreuses sur le billet 1068 où je vous laissai portes ouvertes. Je vous ai bien lu, relu, compris et apprécié la saveur de vos mots. Je vous ai déjà dit que je vous répondrai en privé. Un emploi du temps quelque peu bousculé m'en a empêché mais l'horizon s'éclaircit : je vais donc prendre la plume et vous envoyer mes missives, peu à peu.
16 septembre 2007
1069.Une solitude
Il pleut. Le ciel est gris. Mes pas écrasent quelques feuilles qui commencent à tomber. Solitude. Jazz dans la tête. Un des nombreux enseignements de la mort de mon père c'est qu'au bout du compte on se retrouve toujours seul, à tous les niveaux et dans tous les sens du terme. Je me rappelle ce matin, dans le métro entre Madeleine et la Motte Picquet. Cette jeune femme noire. Nos regards se sont croisés. Et j'y ai vu un paradis perdu. L'agitation de la capitale m'est indifférente, elle n'arrive plus à couvrir ce qui bouillonne en moi. Les lignes du journal sont lointaines, je ne suis plus dans cette rame de métro, je ne suis plus entre Madeleine et la Motte Picquet, je suis entre Cotonou et Abidjan, entre Bamako et Niamey. Paradis perdu mais pourtant accessible. Solitude. Etranges moments où je ne sais plus rien, où le temps se contente de passer sans que je n'eusse aucune prise sur lui. En un millième de seconde tout peut se passer dans un regard, et dans ce regard là l'infime rassemblait le sublime, l'immensité rejoignait l'infiniment petit. Dans ce regard l'humanité entière était contenue. J'étais dans ce regard, elle était dans le mien. Combien de regards s'échangent ils dans la journée comme cela dans Paris ? Dans le métro, dans les bus, dans les rues ; partout où il y a de l'humain. La capitale sent de plus en plus l'automne et la coupe du monde de rugby n'y changera rien. Mon paradis perdu ne le restera peut être pas longtemps, ces terres inconnues me sont si familières. Un jour vous aussi vous avez croisé ce regard : il ne vous a pas quittés, vous y pensez comme à un vieux jouet qui serait enfoui dans un coffre qui jamais ne se serait refermé. Mais.... on a tous ses chaînes, ses interdits, ses petites choses qui font que les pas que l'on devrait faire ne sont pas faits. Et puis on regrette les choix. Et puis on se dit qu'il faut changer. Que le provisoire est devenu définitif. L'air de guitare qu'on avait dans la tête nous obsède mais... il s'enfuit. On voulait mais on n'a pas osé.
Je veux. J'oserai. Et tant pis pour le reste.
Les clameurs d'un match de rugby me parviennent en signaux étranges, comme de la vie qui n'en serait pas. Je me sens totalement extérieur à ce qui se passe. Perdu quelque part. Je mange un croque monsieur campagnard dans mon bistro favori, je le fais passer avec un verre de limonade. Sur le grand écran des formes bleues et blanches s'agitent autour d'un ballon. La foule boit. La foule fume. La foule remue des mains, crie, chante. Derrière moi un espagnol parle avec une espagnole. Je sors. Je n'en peux plus.
Dehors Paris remue sous un léger vent. Devant le taxiphone des mamas africaines en boubous parlent haut, on dirait qu'elles règlent une affaire importante. Je me laisse bercer et je décide de rentrer dans le taxiphone pour vous envoyer à vous, rien qu'à vous, ces quelques lignes.
Cette nuit, je m'endormirai tard.
(Photographie personnelle : silhouette dans la cathédrale d'Amiens, août 2007)
PS : j'ai lu tous vos messages du billet 1068 : j'ai décidé de vous répondre personnellement, en privé car chacun de vos mots mérite plus qu'un simple commentaire
14 septembre 2007
1068.Un chemin
J'avais déjà expérimenté la chose, je la renouvelle aujourd'hui : je fais une journée portes ouvertes du carnet, c'est à dire que je vous laisse dire ici ce que vous souhaitez, ce dont vous avez envie, peut être même vos silences, vos murmures, vos chuchotements.
Je ramasse les copies bientôt.


