15 décembre 2007
1099.Ailleurs....
Plus ici. Ailleurs. Là.
http://agedomme.blogspot.com/
28 novembre 2007
1097.D'où je suis j'ai l'impression de tout voir
Non, je n'ai rien oublié. Ni ce que j'ai écris ici, ni ce que vous avez répondu. Je n'oublie rien du monde qui tourne avec ou sans moi. Je lis autant les journaux qu'avant. Toujours à l'écoute de l'humanité qui souffre, celle qui subit les injustices. Celle que l'on oublie peu à peu, loin de tout et surtout des caméras. Quand je me retourne sur ma vie je vois que je ne suis plus à un bouleversement près ; j'ai subi des tempêtes et quelques ouragans, ce que tout un chacun a connu dans cette condition humaine qui est la nôtre. Le jazz m'accompagne toujours, l'Afrique plus que jamais. Une vie à reconstruire, cette fois pour de bon, pour de vrai. Sans artifices, sans fards. Une vie qui pourrait bien m'emmener plus loin encore que mes rêves les plus fous. Comme un serpent abandonne sa peau sous les soleils de plomb je renais de cendres. Je pense à mon père, tous les jours, toutes les demi journées. Mon chagrin ne s'est pas calmé. Tapi dans un coin de mon corps, prêt à bondir ; à me remplir de sa masse gluante, à me bouffer de l'intérieur. Perdre un de ses parents c'est laisser tout un pan de son identité sur le bord du chemin, c'est une partie de son histoire qui disparait comme ces réacteurs de fusées qui se pulvérisent dans l'espace intersidéral. Non, je n'ai rien oublié. Ecrire pour continuer d'exister, pour prendre de la distance avec ce qui se passe ; ralentir les choses pour moins les subir, écrire pour rester debout. Je me regardais l'autre matin dans le métro, au milieu de la foule du quai pendant la grève. Je me voyais être dans la file des bestiaux du matin qui monte les escaliers pour aller prendre la correspondance. Il était tôt, tout le monde dormait plus ou moins debout. Et je me demandai quelle était cette vie étrange que je vivais, cette routine dans laquelle je ne me suis jamais senti bien. Quelle est cette vie que l'on fait subir aux pauvres hères que nous sommes, abrutis par la publicité du matin au soir, écervelés par une télévision sans consistance ; reflets d'une existence idéale que personne n'atteint, créant des frustrations à n'en plus finir qui se ressentent jusque dans nos banlieues où rien n'est réglé, où rien n'a avancé, où l'on enferme de plus en plus de gens dans l'ignorance, la lassitude, la résignation. Non je n'ai rien oublié. Ce soir là à la station République un jeune homme assis sur une couverture chantait pieds nus, une guitare à la main. Il chantait Bob Marley "No woman No cry", cheveux en locks, le regard bleu acier. Je l'ai écouté sans m'arrêter de marcher dans le couloir du métro. Je pensai à la liberté, la vraie.
09 octobre 2007
1086.Fixer
En parcourant divers blogs, dont les vôtres, en lisant et en regardant les images quelque chose revient de manière lancinante, clairement ou de façon plus inconsciente : l'amour. Ce besoin d'être aimé ; sans doute encore plus le besoin d'aimer. J'ai souvent l'impression que ces deux choses sont chez moi un puits sans fond, une quasi certitude que rien ou personne ne pourra les combler tant j'en suis demandeur, presque dépendant souvent, tant j'en déborde. Je demande trop, c'est sûr.... Le jazz, la littérature, l'écriture ; paradoxalement la solitude, toutes ces passions essaient de remplir ce gouffre de sentiment que je me sens souvent être. Alors je prends aussi des photos. J'ai toujours aimé prendre des photos, faire des petits films, au point d'en faire mon métier ce fut un temps. Photographier c'est fixer un instant. Une émotion. Un sentiment. J'ai toujours déclenché mon appareil comme si je sortais mon stylo plus que si j'avais un pinceau pour faire une toile. Dans la rue, mes yeux vont dans tous les sens. J'aime capter le quotidien, des scènes apparemment anodines mais qui ne le sont pas. Si vous vous promeniez avec moi vous seriez sans doute étonnés de voir que je peux m'arrêter sur des choses que vous n'aviez pas vues ou que vous considéreriez comme bizarres à photographier... Prendre des photos me calme. Je laisse le temps passer, je rêve et j'observe. Je passe, je repasse, je reviens et je m'arrête. Parfois aussi je m'installe à la terrasse d'un café et je regarde. Il peut m'arriver de partir avec mon appareil mais de ne revenir avec aucune photo... Ce n'est pas grave. Après le plaisir de pousser le bouton, la joie de voir ses clichés en grand sur l'ordinateur ; d'y apporter quelques retouches ou pas. Un plaisir du début à la fin en somme.
Mais je ne fais pas que me promener : je fais aussi de la photographie pour l'échange, la rencontre, la relation humaine. Et j'aime photographier l'Afrique (ca ne vous étonnera pas...), et ici, à Paris, l'Afrique est là, bien là. Sous toutes ses formes, y compris les moins réjouissantes. Je n'ai jamais eu l'idée de publier mes photos sur un site, encore moins de les vendre... mais des amis, des connaissances ont été accrochés par certains de mes clichés allant même jusqu'à dire qu'ils étaient "magnifiques" ! Moi qui ne suis jamais sûr de moi vous imaginez l'effet de ces quelques paroles ! Alors de semaines en semaines, de mois en mois et d'années en années, j'ai fini par y croire ; mais surtout l'envie de montrer mon travail m'est apparu : un ami webdesigner talentueux réalise en ce moment mon site photo qui sera en ligne prochainement, j'en suis tout excité. Mais je vous disais que je photographiais l'Afrique. Il m'arrive de faire des séances photos avec des personnes rencontrées ici ou là. Justement, j'en ai fais une dimanche dernier : les clichés qui illustrent ce billet en sont issus (cliquez dessus pour agrandir). Faire des photos c'est se retrouver à une table de café, face à face. C'est parler. De tout. De rien. Presque pas de photos justement. C'est découvrir l'autre pour le plaisir de le découvrir (encore plus, je vous l'accorde s'il est africain, africaine, antillais ou antillaise....). C'est peut être devenir amis. Faire des photos c'est tout un monde de peut être.
Dimanche c'était une jeune antillaise de dix neuf ans, belle comme un coeur et remplie d'espoir de sa future vie. Elle m'a parlé de Guadeloupe, de Martinique, de créole et de cuisine antillaise. Elle m'a parlé de sa condition de femme noire.
Elle s'appelle Severine. Merci Severine. Comme merci à tous et à toutes les autres, les passés et à venir...
(Au fait je ne parle pas rugby parce que ca ne m'interesse pas du tout, ni de Sarkozy tellement ce qui se passe m'écoeure....)
06 octobre 2007
1083.Et si en plus, y'a personne...
J'écoutai l'autre soir, dans la nuit calme du quartier parisien où j'ai élu domicile, France Culture où je suis tombé sur une émission traitant de l'exil. Thème qui m'est cher, me sentant moi même en perpétuel exil. Une phrase de Borgès a été cité, elle m'a marqué ; à ma grande honte je connais assez peu l'oeuvre de cet écrivain. Mais ces mots là se sont imprimés dans ma tête. Je les livre à votre méditation....
"Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez vous." 
28 septembre 2007
1076bis.Private joke
Une gare. Les rails. La brume d'un matin ou d'un soir. Le ciel clair de la provence quand je montais dans ce train en gare d'Avignon.
Un jour je redescendrai de ce train.
26 septembre 2007
1076.Et pourquoi pas ?
J'écris. Vous lisez. Je vous lis. Vous écrivez. On se connaît un peu tout de même. Je suis à Paris, vous y êtes peut être aussi ou vous n'y êtes pas.. Pour certaines et certains d'entre vous nous échangeons des mails en privé. Mais... sortons de derrière notre clavier, de nos touches et retrouvons nous en vrai, devant un café et/ou une bonne assiette de quelque nourriture. Faisons le choix de la chaleur humaine, osons franchir les pas qui nous séparent. Le monde est vaste, l'individualisme forcené malgré les beaux discours : passons le mur invisible qui se dresse entre nous. Ouvrons nous les uns les autres. Je suis donc disponible pour celles et ceux qui voudront que l'on se rencontre, que nous nous parlions en vrai quelque part, ici ou ailleurs. Le lieu n'a pas d'importance : seule compte l'envie.
19 septembre 2007
1070.Vous écrire en couleurs
Vos traces ont été nombreuses sur le billet 1068 où je vous laissai portes ouvertes. Je vous ai bien lu, relu, compris et apprécié la saveur de vos mots. Je vous ai déjà dit que je vous répondrai en privé. Un emploi du temps quelque peu bousculé m'en a empêché mais l'horizon s'éclaircit : je vais donc prendre la plume et vous envoyer mes missives, peu à peu.
16 septembre 2007
1069.Une solitude
Il pleut. Le ciel est gris. Mes pas écrasent quelques feuilles qui commencent à tomber. Solitude. Jazz dans la tête. Un des nombreux enseignements de la mort de mon père c'est qu'au bout du compte on se retrouve toujours seul, à tous les niveaux et dans tous les sens du terme. Je me rappelle ce matin, dans le métro entre Madeleine et la Motte Picquet. Cette jeune femme noire. Nos regards se sont croisés. Et j'y ai vu un paradis perdu. L'agitation de la capitale m'est indifférente, elle n'arrive plus à couvrir ce qui bouillonne en moi. Les lignes du journal sont lointaines, je ne suis plus dans cette rame de métro, je ne suis plus entre Madeleine et la Motte Picquet, je suis entre Cotonou et Abidjan, entre Bamako et Niamey. Paradis perdu mais pourtant accessible. Solitude. Etranges moments où je ne sais plus rien, où le temps se contente de passer sans que je n'eusse aucune prise sur lui. En un millième de seconde tout peut se passer dans un regard, et dans ce regard là l'infime rassemblait le sublime, l'immensité rejoignait l'infiniment petit. Dans ce regard l'humanité entière était contenue. J'étais dans ce regard, elle était dans le mien. Combien de regards s'échangent ils dans la journée comme cela dans Paris ? Dans le métro, dans les bus, dans les rues ; partout où il y a de l'humain. La capitale sent de plus en plus l'automne et la coupe du monde de rugby n'y changera rien. Mon paradis perdu ne le restera peut être pas longtemps, ces terres inconnues me sont si familières. Un jour vous aussi vous avez croisé ce regard : il ne vous a pas quittés, vous y pensez comme à un vieux jouet qui serait enfoui dans un coffre qui jamais ne se serait refermé. Mais.... on a tous ses chaînes, ses interdits, ses petites choses qui font que les pas que l'on devrait faire ne sont pas faits. Et puis on regrette les choix. Et puis on se dit qu'il faut changer. Que le provisoire est devenu définitif. L'air de guitare qu'on avait dans la tête nous obsède mais... il s'enfuit. On voulait mais on n'a pas osé.
Je veux. J'oserai. Et tant pis pour le reste.
Les clameurs d'un match de rugby me parviennent en signaux étranges, comme de la vie qui n'en serait pas. Je me sens totalement extérieur à ce qui se passe. Perdu quelque part. Je mange un croque monsieur campagnard dans mon bistro favori, je le fais passer avec un verre de limonade. Sur le grand écran des formes bleues et blanches s'agitent autour d'un ballon. La foule boit. La foule fume. La foule remue des mains, crie, chante. Derrière moi un espagnol parle avec une espagnole. Je sors. Je n'en peux plus.
Dehors Paris remue sous un léger vent. Devant le taxiphone des mamas africaines en boubous parlent haut, on dirait qu'elles règlent une affaire importante. Je me laisse bercer et je décide de rentrer dans le taxiphone pour vous envoyer à vous, rien qu'à vous, ces quelques lignes.
Cette nuit, je m'endormirai tard.
(Photographie personnelle : silhouette dans la cathédrale d'Amiens, août 2007)
PS : j'ai lu tous vos messages du billet 1068 : j'ai décidé de vous répondre personnellement, en privé car chacun de vos mots mérite plus qu'un simple commentaire
14 septembre 2007
1068.Un chemin
J'avais déjà expérimenté la chose, je la renouvelle aujourd'hui : je fais une journée portes ouvertes du carnet, c'est à dire que je vous laisse dire ici ce que vous souhaitez, ce dont vous avez envie, peut être même vos silences, vos murmures, vos chuchotements.
Je ramasse les copies bientôt.
04 septembre 2007
1062.Si tu savais
Paris sent l'automne. J'aime ce petit vent frais du matin et du soir qui vient faire frissonner ma peau. Si tu savais combien tu me manques le ciel ne serait peut être pas aussi bleu. Ce matin dans les couloirs du métro j'ai vu une jeune femme avec des couettes. Ce métro parisien qui semble se trainer plus que d'habitude malgré le retour d'une saison chère à mon coeur, ces couloirs sont plus sombres ou peut être me sont ils plus lointains, je ne sais. Quelque chose de la vie s'est détaché de moi. Si tu savais comment tu me manques je crois que je me ferais peur. Un peu à l'image du petit enfant que j'étais quand il n'a pas voulu dormir dans une chambre d'hôtel parce qu'il y avait une figure de clown au mur qui m'effrayait.
Si tu savais ce que je ne suis plus sans toi.

