L'âge d'homme

et l'on continue à accepter l'inacceptable et à supporter l'inacceptable

05 octobre 2007

1082.Couleurs

Boubous_2

Il y a quelques temps j'ai rencontré une jeune africaine, qui est devenue une amie, et qui a vingt ans. Elle est sénégalaise. Première chose étonnante : à son âge, elle est militante (et très active) au parti socialiste. Il reste donc encore des socialistes.... qui plus est jeunes, et le fait qu'elle soit black et femme  me réjouit d'autant plus, vous vous en doutez. Deuxième chose : elle adore les tenues traditionnelles. Elle en possède un nombre important qu'elle fait faire presque pour la totalité sur mesure. Je lui ai proposé de faire une série de photographies avec ces tenues, elle a accepté. Je vous les montrerai un jour, peut être. En attendant, elle a laissé chez moi quelques unes de ces tenues traditionnelles que par ailleurs j'aime beaucoup moi aussi, mais cela ne vous étonne pas... J'ai donc fait quelques clichés de ces boubous chatoyants de couleur, brillants de douceur, étincelants d'élégance. Drapés soyeux, lumières vives, ces tissus sont de toute beauté ; encore plus d'ailleurs quand ils sont sur son corps. Elle rayonne à l'intérieur, on voit qu'elle a plus que du plaisir à les porter. Ces boubous sentent une odeur que j'aime, celle de l'Afrique, j'essaierai de vous la décrire un jour. Chaque boubou en Afrique a des dessins particuliers, commandés le plus souvent par la femme elle même, et qui servent en fait à faire passer un message au mari ("tu me délaisses"... "tu devrais m'offrir des fleurs"..) ou à l'homme de la rue pour lui indiquer qu'elle est célibataire.
Ah, l'écrivain-médecin Christian Dedet a bien raison : "Les Africains sont la dernière poésie du monde"....

Posté par Olivier O à 00:01 - Une photo de temps à autre - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 septembre 2007

1072bis.La vie des gens

Un_couple__Paris__Parc_de_la_Villette__septembre_2007_

J'étais à la Villette ce samedi 22 septembre pour une chose dont je vous parlerai dans la semaine. Il faisait beau sur la capitale, le vent était léger et le soleil relativement chaud. L'herbe verte semblait tendre, fraiche, accueillante. Je me suis allongé pour rêver, lire, photographier, fumer. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas il y a autour de la cité des sciences et de la géode un grand parc ouvert avec au milieu le canal de l'Ourcq (qui prend le nom de Saint Martin un peu plus loin dans Paris) ; c'est un lieu agréable de verdure, avec des péniches qui passent de temps à autre et qui repose de l'agitation de la capitale même si l'on voit au loin le périphérique entre les arbres dont les feuilles bruissent. Il y avait des parents, des enfants. Des cyclistes, des joggeuses et des joggeurs. Des chiens, des rolleuses et des rolleurs. Des blancs, des noirs. Des grands et des petits. Des solitaires et des couples. Comme celui qui figure sur la photographie. Cet après midi là j'avais envie de faire des photos et j'en ai fait. Quelques unes. J'ai shooté plusieurs couples, en tout cas ceux qui m'inspiraient quelque chose. Je n'ai gardé que ce cliché. La jeune fille fait un geste qui me plait et que je trouve empreint d'une douceur, la position de sa tête comme celle de son compagnon dégage pour moi une impression de nostalgie ; tout comme la position du corps du jeune homme légèrement en avant. Elle est un petit plus petite que lui. Et puis, il est noir, elle est blanche....  De cette mixité se dégageait une grande tendresse quand ils sont passés devant moi.

Ils sont passés. Image d'archive d'un temps qui n'est déjà plus. Je les ai photographiés comme je leur aurai parlé.

(D'autres clichés personnels ICI en attendant mon site photographique personnel en construction)

Posté par Olivier O à 00:01 - Une photo de temps à autre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 juillet 2007

1047.La joie.

Profil_heureux__Paris__Belleville__juin_2007_

J'ai pris ce cliché vers la fin du mois de juin dernier. Un groupe de percussions, en l'occurence des tambours, parcourait les rues de Belleville. Les musiciens bougeaient beaucoup. Tous respiraient une joie de vivre, ou tout du moins une joie de jouer : j'ai donc voulu rendre cet état presque second, de même que l'impression que toute cette musique lancinante, presque de transes à l'africaine, produisait sur moi. Du fait de tous ces mouvements, prendre des photos s'annoncait difficile, même en changeant l'ouverture du diaphragme et/ou la vitesse d'obturation mais passons sur les détails techniques....
J'ai d'abord repéré une jeune fille et j'ai décidé, photographiquement, de l'isoler. Le ciel de la capitale ce jour là était changeant, genre ciel de traine : la lumière l'était donc également. Il fallait jouer avec. Puis, comme c'est souvent le cas quand on prend des photos, on doit être patient. J'ai suivi ce groupe d'instrumentiste longtemps. Je les ai quittés, puis je suis revenu. Reparti. Puis revenu. J'ai déclenché l'appareil des dizaines de fois, j'ai effacé des dizaines de photos. Et puis voilà, parmi quelques autres, celle ci est sortie. La joie de jouer de cette jeune fille illumine le cliché que j'ai réalisé à une cinquantaine de mètres environ. Le ciel était encombré de nuages avec de petites trouées de ciel bleu, donc une lumière un peu pale que je n'ai pas corrigé par du gain ni par un traitement numérique par la suite.
Elle vaut ce qu'elle vaut.

Posté par Olivier O à 14:01 - Une photo de temps à autre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juillet 2007

1038bis.Détails.

Un_monde___part__Beverly__Guadeloupe_

Je n'ai jamais été doué, vraiment, pour faire des portraits posés ; de ces visages que l'on voit et qui semblent figés. Je préfère de loin les détails des choses, des gens. Qu'est ce à dire ?  D'abord vous dire que la suggestion est très importante pour moi, elle correspond bien à une des facettes de ma sensibilité. "Tout montrer" ne m'interesse pas. Le détail pour moi révèle l'ensemble, en tout cas permet une imagination que la totalité ne permet pas. Exemple ? Je trouve que la mode des seins nus sur la plage (est elle encore d'actualité ? Il y a bien longtemps que je ne suis pas allé sur une plage, du moins l'été) ridicule, pas sexy pour deux sous -enfin deux euros- et nullement esthétique. J'aime le détail, ce que l'on ne remarque pas et qui, pourtant, si cela était absent le général ne serait pas le même. La courbe, le plein ou le délié ; l'ombre ou la lumière, le piqué d'une peau ou l'intensité d'un regard, son vide ou son vague.... La rondeur d'un sein, d'une épaule... Celle d'un genou, d'un pied... Un pincement des lèvres, une moue, une esquisse de sourire... Les beautés d'une main, des cheveux, d'un simple doigt..

La photo ici est un détail d'une jeune femme couchée sur le côté. Ce qui m'interessait c'était justement de rendre l'attitude, l'atmosphère, presque le lieu dans lequel j'ai pris cette photographie.  Il pleuvait, il ne faisait pas chaud. La lumière était terne. J'ai voulu jouer sur cette ambiance de fin d'un monde. Le noir et blanc rend ce piqué de peau que j'aime, ces clairs obscurs, tout particulièrement sur les peaux noires.

Posté par Olivier O à 10:00 - Une photo de temps à autre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juillet 2007

1029.Quelque part.

Et en l'occurence ici rue Clavel, ancien maréchal d'Empire, dans le 19e arrondissement de la capitale. On voit fleurir sur les murs de nos villes différentes traces d'on ne sait trop qui ; ce petit personnage blanc synonyme semble t-il de liberté en fait partie. Je le suis de loin en loin lors de mes mini voyages dans Paris.
D_fense_de__Paris__rue_Clavel_

Posté par Olivier O à 00:01 - Une photo de temps à autre - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juillet 2007

1028.Brouille.

Fontaine_St_Michel__soir_de_pluie__ParisCe cliché montre la fontaine de la place Saint Michel, à Paris, un soir de pluie. J'ai habité le quartier quelques temps, c'était dans la rue Saint André des Arts, toute proche. Un quartier où l'on se croit constamment en vacances tant il est envahi en permanence par les touristes du monde entier. J'aime le quartier latin, Saint Germain des Prés ; ses ruelles, son histoire (ou plutôt ce qu'il en reste...), ses ambiances. Le fait d'y habiter m'a permis de le parcourir aux moments où les vacanciers dorment encore, et je me souviens parfaitement de petits matins assez tôt, frisquets ou non, où les rues sont calmes : celle qui mène au théâtre de l'Odéon, la rue Saint Sulpice et la place devant l'église du même nom, celle de Buci et de Seine ou même la rue Saint Benoit où l'on trouve un fameux club de jazz et tant d'autres encore. Le soleil se levait, quelques nappes d'une brume venue d'on ne sait où. La coupole de la Sorbonne pointant dans le ciel bleu du matin, la rue Gay Lussac qui respire et mes pas qui descendent les pavés de Mouffetard. C'était hier. Ce sera toujours. Parfois le dimanche matin, quand j'avais de l'argent, je me payais le luxe d'une orange pressée à la brasserie Lipp, sur la place Saint Germain. Face aux cafés de Flore et des Deux Magots. Je restai longuement sur les petits bancs d'osier, regardant le ballet des serveurs aux tabliers blancs et aux noeuds papillons noirs. Je rêvais. Nombre de mes textes sont sûrement nés ici, dans ces songes étranges du dimanche matin.
Ce soir là la pluie enveloppait la capitale. Une pluie que je trouvai bizarre : froide, gluante, visqueuse comme une masse informe qui tomberait d'un ciel qui profite qu'on ne le voie pas. J'ai  voulu rendre cette impression dans l'image que j'ai essayé d'en faire.

(clic pour agrandir. Et toujours mon Fotolog en lien à droite)

Posté par Olivier O à 10:00 - Une photo de temps à autre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juin 2007

1021.Rythme.

Bracelets__Paris__Belleville__juin_2007_

Prendre des photos, c'est comme écrire : essayer de fixer un instant, essayer de retenir les choses ; se donner l'illusion d'une certaine immortalité.  Me vient la chanson d'Henri Salvador "Syracuse" qui veut parcourir le monde pour pouvoir s'en rappeler à Paris : mes photos parcourent le monde, un certain monde en tout cas, et je me rappelle de lui, mais pas forcément à Paris...

Un cliché naît ou ne naît pas du hasard. Mais il a toujours une histoire. Et chaque fois que je publierai ici une photographie, j'essaierai de vous expliquer d'où elle vient.

Celle de ce jour s'appelle "Pliures".  Je l'ai prise devant l'église Saint Jean de Belleville, tout proche de la station de métro Jourdain et de la rue de Belleville, à Paris. C'était lors d'un week end de fête comme il y peut y en avoir quelques uns dans ce quartier de la capitale qui se revendique (et finalement à juste titre) d'être un "village". L'église y joue un grand rôle et tout d'abord par les cloches. Les cloches d'une église, ca fait toujours village. Et comme le curé sort souvent sur la place on s'y croirait... Je le croise parfois dans mon bistro favori que certaines et certains d'entre vous connaissent. Le bistro est sur la place et dans les rues de ce quartier on peut voir des petites vieilles, des petits vieux avec leurs cabas d'où dépassent des poireaux ou des fanes de carottes. On y voit des blancs, des noirs, des jaunes, des basanés ; on y voit de tout et c'est très bien. On y entend de l'accordéon, on y entend aussi parfois les cris d'un rémouleur qui propose ses services tout comme les airs d'un organiste, de ceux qui ont un singe sur l'épaule.  Bref ce week end là c'était un peu la fête. Et pour l'occasion il y avait quelques animations dans la rue. Comme par exemple un groupe de percussions, en tee shirt blanc et pantalon rouge. Les tambours, j'aime bien. Même si au bout d'un moment... Les tambours en Afrique ont une grande importance, comme ils l'ont aux Antilles et j'y suis très sensible, notamment aux phénomènes de répétition qui entrainent certaines transes. J'ai voulu retranscrire en photo la musique et son rythme, j'ai voulu retranscrire en image ces gens qui bougeaient. Pour moi le détail est important, il révèle l'ensemble en le suggérant. Ainsi ce cliché. Je l'ai baptisé Pliures pour le bras qui se plie, qui donne cette marque au coude qui se marie bien avec les bracelets de couleur de cette jeune fille qui jouait de la caisse claire, on devine aussi en arrière plan les légers froissements de son chemisier. Claire, couleurs, peau noire... voilà des mots, des sensations, des émotions que l'on "voit" sur cette photo. C'était à Belleville, un jour de juin 2007.

(On peut cliquer pour agrandir la photo, et l'on retrouve d'autres photos sur mon Fotolog  en lien en haut à droite ou dans l'album photo à gauche)

Posté par Olivier O à 12:00 - Une photo de temps à autre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1